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thaievasion39

Description :

des récits de voyages en Thailande

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  • Création : 11/11/2007 à 10:12
  • Mise à jour : 10/01/2008 à 12:13
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Planète thailande à coups de pédales

Nous voilà en plein coeur de la Thaïlande, loin de la vie tumultueuse de Bangkok, aux confins de la Birmanie, du Laos, j'ai nommé le Triangle d'Or.

Ici, tribus, cultures, vie courante, temples et bouddhas ne vous laisseront pas indifférents.

A coups de pédales, venez avec moi traverser rizières, forêts tropicales, bambouseraies, vergers de lychees....

Accompagnons le Mékong qui coule inexorablement jusqu'au Vietnam.

Oui, il s'agit bien d'une parenthèse dans nos vies si souvent effrénées.

Partagez avec moi et mon vélo le goût à l'effort, au dépaysement, à l'évasion dans ce pays du sourire qu'est la Thaïlande
.




ATTENTION : LE LIRE C'EST PARTIR.



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#Posté le dimanche 11 novembre 2007 10:29

Modifié le dimanche 23 décembre 2007 08:55

Planète thailande à coups de pédales

Planète Thaïlande, à coups de pédales.

Dimanche 30 Avril 2006 – Dole (Jura) 7 h 32, quai de la gare.

« Le TGV en provenance de Strasbourg desservant Dijon, Paris, Roissy Charles de Gaulle, entre en gare ».

C'est le mien, vite, vite. Cela fait des années que je n'ai pas pris le train. Une certaine pression m'envahit, peur de le louper. Je traverse les voies, le chef de gare m'interpelle, me réprimande « Monsieur, veuillez emprunter le passage souterrain, il est interdit de traverser les voies », « vous les avez traversées, alors je vous ai emboîté le pas » lui répondis-je. Quand soudain un autre employé de la Sncf intervint : « alors Lionel, on se fait remarquer ? ». Ouf, c'était un client. Un client de qui, de quoi ! Je suis bio-cosméticien capilliculteur. Vous savez celui qui est à la fois peintre, sculpteur, psy, illusionniste, artiste, j'ai nommé : coiffeur. L'incident est clos, je suis déjà dans le train.

J'ai réussi à caser mon étrange valise noire. Je vois bien que les gens me regardent. Transporter son vélo dans une valise de 1m20 par 1m40, le tout monté sur roulettes, ça interpelle. Et oui, c'est moi le globe-trotter, le baroudeur, l'aventurier de l'impossible. Aurais-je les chevilles qui enflent ? Ce qu'il y a de sûr, pour faire gonfler les mollets, il faudra pédaler.

Une fois encore, je contrôle si j'ai bien tous mes billets d'avion. Depuis l'attente dans le hall de gare, c'est au moins la énième fois.
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#Posté le dimanche 11 novembre 2007 10:36

Modifié le mercredi 19 décembre 2007 11:12

suite

Deux heures plus tard, « Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, nous arrivons à Roissy Charles de Gaulle, la Sncf et moi-même espérons que vous avez passé un agréable voyage ». Je descends, demande mon chemin au contrôleur, terminal et hall. Une demi-heure plus tard, je suis dans la file d'enregistrement des bagages à la Thaïs Airways, le must pour cette destination.

De nouveau je rerecontrôle mon billet, on ne sait jamais si ... Me voilà à l'enregistrement face à une hôtesse thaïlandaise tout de violet-rose vêtue, une orchidée à la boutonnière. On s'y croirait déjà. Ma grosse valise ne passe pas sur le tapis roulant. Pas grave un steward viendra la chercher en personne, me voilà rassuré.

J'ai oublié de vous dire qu'après diverses questions posées par l'hôtesse, auxquelles j'ai répondu avec succès, une petite dernière me mit dans l'embarras : « vos pneus sont-ils dégonflés ? ». Sans plus attendre, j'ouvre ma valise, dégonfle mes pneus. A cet instant, l'Indiana Jones thaïlandais se fait tout petit. Les 200 personnes derrière moi commencent à s'impatienter, d'autant plus que j'avais momifié ma valise avec de l'adhésif « attention fragile ».

« Les voyageurs en partance pour Bangkok sur le TG 738 sont priés de se rendre hall 4 porte C ». Petite fouille au passage, la boucle de ma ceinture a déclenché un bip-bip intempestif lorsque je suis passé sous le portique. Un moment de honte est si vite oublié ! Au bout du tunnel d'embarquement, deux hôtesses thaïes, mains jointes me saluent, m'indiquent ma place. Ceinture bouclée, on attend en bout de piste le bon vouloir de la tour de contrôle. Ça y est, gaz à fond dans un vrombissement ahurissant, trente cinq secondes suffiront pour quitter le sol parisien. Après avoir transpercé une épaisse nappe de brouillard, le soleil apparu enfin.
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Comme par magie, nous voilà à voler sur un matelas de coton. Nous continuons de prendre de l'altitude, le soleil se fait de plus en plus proche. J'espère que nous ne finirons pas comme Icare. Qu'il serait dommage que le drapeau Thaï dessiné sur les ailes de l'avion se mettent à fondre. L'avion s'est stabilisé, nous atteignons notre vitesse de croisière, 900 km/heure. Le capitaine de bord nous inflige notre itinéraire, notre carnet de route pour ce vol. Je dis inflige, car une voix Thaïe, nasillarde dans des haut- parleurs qui grésillent, ça casse un peu le mythe, l'ambiance. Vous savez, ces hôtesses de l'air, cheveux noirs tirés, toutes plus belles les unes que les autres, avec ce large sourire, ce teint de peau pain d'épice, cette grâce effacée, discrètes mais toujours présentes. On ne peut que tomber sous le charme.

Onze heures de vol, un peu long, mais avec deux bons films, un demi Lexomil, Bangkok sera vite là.

Bangkok L'an 2550 (calendrier bouddhique)

Cinq heures du mat, j'ai des frissons, je claque des dents et je monte le son. Euh non ça c'est une chanson. Cinq heures du mat, je crève de chaud, je change du blé pour prendre un café (son, blé, vous avez compris). Seul au bout du monde, je déambule dans l'aéroport. « I'd like a coffee please ». J'assure en anglais ! Travel, Fly, Chiangrai, c'est bien là pour ma correspondance. Je quitte le sol thaïlandais, ce ne sera que de courte durée. Une heure de vol.

Chiangrai, petite ville très agréable au bord de la rivière Kok, un des points de départ des excursions vers les villages de montagne où vivent les minorités ethniques.


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#Posté le mardi 13 novembre 2007 12:32

Modifié le dimanche 23 décembre 2007 09:00

suite

Au terminal de l'aéroport, je vais récupérer mes bagages. Comme à Dole, la même pression m'envahit. J'ai bien entre les mains mon sac de fringues, mais pas de vélo. Je flippe mais je vois apparaître un employé thaï portant ma valise qui est pratiquement aussi grosse et aussi grande que lui. Je joins les mains, m'incline « Kopkumkrap » (merci).

Sorti de l'aéroport, je suis attendu. Bienvenue dans le Triangle d'Or. Six heures de décalage, ça laisse des traces. Je passerai une bonne partie de l'après-midi à me prélasser autour de la piscine de l'hôtel. Je remonte mon vélo, prépare mes petites affaires pour le lendemain : vêtements de cycliste, casque, pompe, nécessaire de réparation, gourde avec la petite dose de poudre qui fait grimper partout (soi-disant), barres de céréales. Je suis prêt, demain c'est le grand jour.

C'est parti, me voilà dans les rues de Chiangrai en vélo, seul, ou plutôt au milieu d'autochtones en bicyclette, en pousse-pousse, touck-touck, voiture mais surtout en mob, roulant tous à gauche, ayant tous eu leur permis de conduire dans un paquet de Bonux. Petite parenthèse : il n'y a pas d'auto-école, ici on passe le permis sur un parking prévu à cet effet, un petit billet ... et le tour est joué. Un peu d'appréhension, mais finalement au bout de quelques dizaines de minutes, on s'y habitue.

Pour ce qui est de la signalisation thaïe, là c'est une autre histoire. Je suis parti à l'opposé : 10 km de trop, ça commence bien.

450 km de cyclo de Chiangrai à Chiangmai en suivant le Mékong, le long de la frontière du Laos et de la Birmanie, tel est le périple choisi pour visiter le Triangle d'Or.

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Triangle, car c'est ici que se rejoignent les frontières du Laos, de la Birmanie et de la Thaïlande, et là on cultive la moitié de l'opium consommé dans le monde illicitement à prix d'or.

Dans bon nombre de villages, il n'est pas rare de voir de vieux montagnards fumer. Acre, sucré, tiré du pavot, l'opium ralentit le temps, ralentit la vie, il n'est utilisé que pour couler une paisible retraite. Hier, transporté à dos de mules, transformé dans des laboratoires clandestins, nous retrouvions l'opium sur les trottoirs sous forme d'héroïne. Aujourd'hui, le gouvernement Thaïlandais a mis les holàs et fait tout pour endiguer ce fléau.

C'est la troisième fois que je viens dans cette région. Les deux premières fois, c'était en moto tout terrain en raid organisé. Que du bonheur ! Dans la documentation du Tour-opérateur, il y avait marqué : « nos guides locaux vous feront partager leur passion et leur amour pour cette contrée du bout du monde ». Et bien je crois qu'ils ont réussi.

Dès mon premier voyage, je me suis de suite senti bien, en harmonie avec ce peuple où le sourire, l'hospitalité est sans égal, où les paysages sont fabuleux et où le mot découverte avec un grand D prend toute sa valeur : découverte de tribus, de coutumes, de paysages, d'architecture et de religion, le Dépaysement total.

Lors de ma première venue il y a deux ans, dans ce monde si différent du nôtre, mes quatre compères et moi-même avions eu le sentiment d'avoir changé de siècle. Il faut dire que la moto tout terrain permet d'aller dans les contrées les plus éloignées là où les touristes ne peuvent se rendre. Nous avions pu aller à la rencontre de ces peuples de montagne, tous descendant du Sud de la Chine. Nomades, maintenant ils se sont sédentarisés.
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#Posté le mercredi 14 novembre 2007 11:02

Modifié le dimanche 23 décembre 2007 09:05

suite

Lisous, Karens, Yaos, Akhas vivent dans des conditions précaires : maison de bambou tressé sur pilotis entre 1000 et 2000m d'altitude, deux pièces tout au plus. WC, salle de bains, chauffage, on oublie. En guise de lit, une natte posée à même le sol. Ils ne paraissent pas malheureux, ici tout pousse. Là, le mot travail signifie manger et non loisir, ici le superflu n'a pas lieu et place. Ces tribus n'ont pas modifié leur mode de vie traditionnelle. Elles pratiquent la culture sur brûlis qui consiste à rendre exploitable des zones de forêts primaires. Ce sont d'excellents jardiniers. Riz, maïs, nombreux légumes ainsi que beaucoup d'animaux viennent compléter leur menu, mais aussi en comptant sur tout ce que la nature peut leur offrir. Religions, vêtements, bijoux, chaque tribu possède ses propres coutumes. Malgré leur isolement, ces minorités ethniques sont en passent d'être intégrées à la citoyenneté thaïlandaise.

Ces peuples cultivent pour vivre, mais ils cultivent aussi un art de vivre ancestral. Tous les jours, nous parcourions en moto environ 140 km à travers des paysages sortis tout droit du film avec Catherine Deneuve...Vous savez Indochine. Des plaines de rizières, en passant par de la savane, forêt tropicale, forêt de bambous, de tecks, mais aussi les plantations de café, de thé, de lychees et toutes ces multiples orchidées qui poussent comme les géraniums chez nous.

Eh oui, c'est cela la Thaïlande, il y a encore de l'authenticité.

Ma première étape est Chiangrai – Chiangkong. Environ 120 km assez faciles, plutôt plats au milieu de cultures, de plantations de riz, des b½ufs servent encore au labour de ces terres qui paraissent si riches. Personne devant, personne derrière, un peu seul au milieu de nulle part, je pédale.

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Je double un « local » sur un vélo sorti d'un autre siècle. Pas de freins, pas de dérailleur, des tubes d'acier, deux roues, un guidon. Chargé d'une meule de foin, il m'emboîte le pas, il veut me suivre, me baragouine deux trois mots avec un large sourire. Le Thaïlandais serait-il joueur ? Quelques kilomètres plus loin, une pensée macabre me hante : « et si une voiture venait à me faucher ! pourquoi plus ici qu'en France ? ».

13 heures, je mets pied à terre, il tombe quelques gouttes. Le mois de mai est le début de la mousson et comme chez nous la météo est aussi déréglée. Elle a commencé plus tôt que d'habitude.

Je me trouve une petite gargote pour me restaurer. Une soupe de nouilles agrémentée de soja et divers petits légumes fera l'affaire. Trois femmes s'affairent en cuisine pour me servir. Pas une ne parle anglais, mais pour manger, on arrive tous à se faire comprendre. L'italien (avec les mains) c'est la langue universelle. Je m'installe et là, par magie, une certaine plénitude vous prend aux tripes.

Pas un bruit, le calme plat, un bouddha au fond de la pièce, le poster du Roi, quelques gris-gris deci-delà. A l'entrée se dresse une sorte de mini pagode miniaturisée devant laquelle on y dépose des fleurs des offrandes. C'est la maison des esprits qui est censée vous protéger des mauvais tours que pourrait vous jouer la vie.

Les femmes lancent quelques paroles en me souriant et moi qui mange ma soupe aux nouilles à l'autre bout du monde en Thaïlande. Je rêve !


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#Posté le vendredi 16 novembre 2007 11:10

Modifié le dimanche 23 décembre 2007 09:07

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